J'ai envie de soleil, de mes ami(e)s, de profiter de la vie. Envie de me dire que tout ça, c'est rien, et que j'ai encore toute une vie devant moi. Dès que je lis un de ces livres, j'ai envie d'écrire, de rire, de pleurer, de parler à des personnes qui me sont chères, de faire des millions de choses. J'ai envie de me réveiller un beau jour à New York, ou à San Fransisco, de rencontrer un Martin, ou autre, de tomber amoureuse, et de recevoir des lettres d'amour comme ils leurs en écrivent toujours des merveilleuses dans les bouquins. Envie de mots doux, mais de réciprocité. D'équilibre, de partage. J'ai envie de rire, de rire à en pleurer. De me balader main dans la main avec celui qui sera " l'unique " en mangeant des glaces au chocolat, d'avoir le soleil qui rayonne dans les cheveux, et de porter une robe d'été. Tout ça au bord de la plage bien sur. Et au coucher de soleil tant qu'a faire. Envie de le rencontrer à l'adolescence, puis de faire les idiots, se séparer, mais seulement pour mieux se retrouver quelques années plus tard. Envie de lire ces livres, encore et encore, qui me font rêver, me font ressentir ce qui se cache tout au fond de moi et qui a peur de sortir, envie de rire de l'innocence de leur passion, envie de pleurer de l'inconscience de leur idioties, de leur manque. J'ai envie de vivre, envie de soleil, envie de passion, de chaleur, de bonheur, d'amitié. Envie de rire, de pleurer. Envie d'aimer, tout simplement.
" Chère Gabrielle,
Je voulais simplement te dire qe je repars demain en France.
Simplement te dire que rien n'aura plus compté pour moi pendant mon séjour californien que les quelques moments passés ensemble à la caféteria du campus, à parler de livres, de cinéma, de musique, et à refaire le monde.
Simplement te dre que plusieurs fois, j'aurais aimé être un personnage de fiction. Parce que dans un roman ou dans un film, le héros aurait été moins maladroit pour faire comprendre à l'héroine qu'elle lui plaisait vraiment, qu'il aimait parler avec elle, et qu'il éprouvait quelque chose de spécial lorsqu'il la regardait. Un mélange de douceur et d'intensité. Une complicité troublante, une intimité boulversante. Quelque chose de rare, qu'il n'avait jamais ressenti avant. Quelque chose dont il ne soupçonnait même pas l'existence.
Simplement te dire qu'un après midi, alors que la pluie nous avait surpris dans le parc et que nous avions trouvé refuge sous le porche de la bibliothèque, j'ai senti, comme toi je crois, ce moment de trouble et d'attraction qui, un instant, nous a déstabilisés. Ce jour là, je sais que nous avons failli nous embrasser. [...]
Je sais pourtant que si on s'était embrassés, je serai reparti le coeur content, me foutant de la pluie ou du beau temps, puisque je comptais un peu pour toi. Je sais que ce baiser m'aurait accompagné partout, et pendant longtemps, comme un souvenir radieux auquel me raccrocher dans les moments de solitude. Mais après tout, certains disent que les plus belles histoires d'amour sont celle qui n'ont pas eu le temps de vivre. Peut-être alors que les baisers qu'on ne reçoit pas sont aussi les plus intenses ...
Simplement te dire de prendre bien soin de toi, de ne pas être contaminée par la mélancolie. Simplement te dire de ne pas laisser trop souvent le démon prendre le pas sur l'ange.
Simplement te dire que moi aussi, je t'ai trouvé magnifique et solaire. Mais ça, on te le répète cinquante fois par jour, ce que fait finalement de moi un type comme les autres...
Simplement te dire, enfin, que je ne t'oublierai jamais.
Martin. "